Tuesday, November 2, 2010

Commemoration of All the Faithful Departed

This day follows All Saints and the Church, in Masses, visits to cemeteries and other devotional exercises on this day, keeps in mind those deceased who have not yet fully entered the fullness of eternal life with Christ, the Mother of God and all the saints. 

This afternoon at 5:15 in the Archbishop's Chapel on the lower level of Notre Dame Cathedral Basilica, I will offer Mass in suffrage for the deceased clergy of the archdiocese:

O God, who willed that your Only Begotten Son, having conquered death, should pass over into the realm of heaven, grant, we pray, to your departed servants that, with the mortality of this life overcome, they may gaze eternally on you, their Creator and Redeemer.  Through our Lord.




L'Église catholique commémore tous les fidèles défunts (la«Fête des morts») le lendemain de la Toussaint ou fête de tous les saints, soit le 2 novembre.

C'est une façon de placer symboliquement l'ensemble des défunts sous la protection des saints.

La place des défunts et la vision de la mort ont beaucoup évolué depuis l'Antiquité comme nous le rappelle avec brio l'historien Michel Rouche dans le texte suivant, d'inspiration chrétienne :

Sur quels modes a-t-on perçu la mort au cours de l'Histoire ?

Nos ancêtres de l'Antiquité avaient une vision de la mort profondément marquée par la peur. Les cimetières étaient hors des villes, les morts expulsés de la cité. En faisant vénérer les reliques des saints dans les basiliques, le christianisme inaugure une vision radicalement différente. On se fait enterrer autour de ces sanctuaires, afin de participer à la vertu et à la force des saints. On édifie les cimetières à l'intérieur des villes. Vers 800, la peur de la mort est exorcisée. En priant au-dessus des tombes, on a conscience de faire partie d'une même communauté des vivants et des morts.

Ce n'est qu'au 18e siècle, sous l'influence de médecins hygiénistes et sous prétexte des mauvaises odeurs que dégagent les corps, que les cimetières sont réédifiés hors des villes. C'est un retour à la Rome antique.

Aujourd'hui, où en est-on de ces deux perceptions ? Cette tentative d'éloignement des morts est tellement poussée qu'on en arrive à les faire oublier. Les gens meurent à l'hôpital. On ne les voit bien souvent que dans leur cercueil et présentés d'une façon qui nie la réalité de la mort. Tout se passe trop vite : «deuil en 24h» lit-on sur certaines vitrines de pompes funèbres ! On ne s'habille plus en noir. Le culte des morts ayant disparu, il devient impossible de faire son deuil.

Quelles conséquences ce déni de la mort peut-il avoir dans nos sociétés ? Les conséquences psychologiques sont très importantes. En oubliant le passé et les générations précédentes, on refuse aussi de penser à l'avenir. Nos sociétés hypertrophient le présent. La personne humaine n'est plus respectée jusque dans sa maladie et sa mort car on veut rester éternellement jeune et en bonne santé. Et quand il faut mourir, on pense à l'euthanasie. C'est une attitude paradoxale. Halloween avec ces morts qui viennent tirer les vivants par les pieds signe un retour en force des mythes païens. Et réintroduit chez nous la peur dont le christianisme nous avait délivrés. Je suis convaincu, en tant qu'historien, que la christianisation commence par une vision chrétienne de la mort.

Michel Rouche, «Et si on regardait la mort en face ?», bulletin Holywins IV, association Journal Paris-Notre-Dame (31/10/2005)—www.herodote.net.

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